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Bougez !

Bougez ! Paul

Paul travaillait dans l'édition, il est aujourd'hui menuisier chez les compagnons du devoir.

Mon parcours

« Je suis originaire de Windsor en Angleterre, où j’ai fait mes études jusqu’au niveau des « O levels », c’est l’équivalent du Bac, plus un an d’étude de business et économie, reconnu en France comme un BTS. J’ai trouvé un travail comme coursier à Londres, je visitais beaucoup d’agences de pub, des éditeurs de presse, et ça m’intéressait.
Donc j’ai cherché un travail et j’ai été embauché en tant qu’assistant de fabrication. On m’a appris, étape par étape, comment préparer une page publicitaire. Après un certain temps, j’ai quitté les agences de pub pour travailler pour les maisons d’édition de presse, en tant que chef de fabrication.  

« Me former en fin de carrière pour faire un métier que j’aime bien, pourquoi pas ? »

L’été 1985, j’ai vu une annonce par hasard dans la presse, pour travailler pour l’agence GGK à Paris. J’ai tenté ma chance et j’ai décroché le travail. Malheureusement après 2 ans et demi, GGK a perdu le budget IBM et l’agence a licencié tout le monde. Ensuite, j’ai trouvé une place chez Hachette Filipacchi, racheté par Lagardère. J’ai travaillé sur une panoplie de titres : Paris Match, Union, Journal de Mickey, Super Picsou Géant, etc… jusqu’au premier plan de départ en 2013, et ça m’a donné l’idée de regarder, si ça m’arrivait à moi, ce que je voudrais faire.

J’ai pensé à menuisier parce que j’ai toujours aimé le bois. Avec ma femme, nous avons acheté une péniche que nous avons retapée ensemble, ça m’a donné le goût de travailler avec le bois. Je me suis dit : si je peux me former en fin de carrière, pour faire un métier que j’aime bien, pourquoi pas ? 

Donc avec le deuxième plan de départ en 2016, je me suis pointé et comme j’avais l’âge, les critères, les cotisations, heureusement, j’ai été accepté. J’avais déjà mon idée, je voulais faire ma formation chez les Compagnons du devoir. Donc j’ai été chez Les Compagnons à une journée porte ouverte, j’ai présenté un dossier avec le plan de départ, parce que c’est Lagardère qui payait la formation, et j’ai été accepté.

Ensuite il fallait trouver un menuisier, parce ma formation est en alternance, pendant un an. Là encore, j’ai frappé aux portes, j’ai envoyé des lettres de motivation et voilà, je me trouve chez la menuiserie Clenet. Et ça se passe très bien…

Ce qui me plaît

Chez les Compagnons, on passe la plupart de notre temps dans les ateliers à Gennevilliers, où il y a les machines pour la pratique, et une autre partie de notre temps à l’Hôtel de Ville à Paris, où c’est les cours de dessins techniques, les termes techniques de menuisier. Ce que j’aime chez les Compagnons, c’est tout un échange d’idées, la qualité du travail, complètement artisanal, on travaille avec les mains, et le respect des autres. C’est super !

A la suite de ça, j’espère être embauché, soit ici, soit dans une autre menuiserie, ou être entrepreneur et lancer ma petite entreprise.

En faisant une reconversion à mon âge, je fais un peu un retour en arrière, parce qu’après tout, le papier c’est un dérivé du bois. Quand j’ai commencé avec le papier, c’était manuel, et c’est devenu complètement informatisé. Là je reprend avec la matière première, le bois, et je fais un travail manuel. C’est magique de prendre une tranche d’arbre, de découper, d’élimer et à partir de la matière brute, de construire quelque chose. Je suis vraiment content de cette reconversion, d’avoir quitté une maison qui est devenue énorme, de rejoindre une petite structure où tout le monde se connaît, où tout le monde se tutoie, c’est un vrai plaisir ! » 

« J’ai commencé à travailler dans les agences de pub et les maisons d’édition de presse. Si quelqu’un, à l’époque, m’avait dit : tu vas finir ta carrière chez les compagnons du devoir et chez les menuisiers, je ne l’aurais jamais cru ! »