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Bougez !

Bougez ! Tony

Tony a fait des études d’ingénierie en mécanique pour devenir ingénieur. Il est aujourd’hui professeur de mathématiques.

« Créer son déclic »

Ça a duré un an, je trouvais ça assez répétitif, je commençais à peiner à me lever le matin, et là je me dis que partir à l’étranger, ça peut être une bonne expérience et peut-être, créer un déclic. J’obtiens un entretien d’embauche pour aller travailler en Ecosse. J’obtiens le job et je pars, avec un contrat local. Là-bas, j’ai travaillé pour une grande entreprise qui conçoit et produit des systèmes pétroliers. Je n’étais plus calculateur mais plutôt concepteur dessinateur.

Après quelques mois où je surfe un peu sur l’euphorie du nouveau, je retombe très vite dans les travers qui étaient les miens déjà en France. J’ai l’impression de subir la division du travail, de faire des tâches répétitives, d’être vraiment prisonnier de la hiérarchie aussi. Et je me rends compte que partir, ça n’a pas du tout résolu ce problème.

Le réflexe, c’est de dire : je vais changer, je vais faire autre chose. Donc là, je commence à réfléchir à : quelles sont mes possibilités, qu’est-ce qui est réaliste ? Et je me dis que la chose que j’ai envie d’essayer, c’est l’enseignement, dans l’Education Nationale, dans le domaine public. Je décide de préparer le Capes de Mathématiques, en candidat libre. Je démissionne, j’élabore un planning de révisions et je me lance. Je n’ai fait appel à aucune aide, j’avais suffisamment mis d’argent de côté durant mon ancien emploi, où j’étais plutôt bien payé, ce qui fait que j’ai pu vivre pendant quasiment un an sans revenu et en me concentrant sur la préparation du concours.

Mon parcours

 Je suis originaire de Toulouse, j’ai fait un Bac scientifique option Sciences de l’ingénieur, puis je suis parti en classe préparatoire aux grandes écoles. J’ai intégré l’Institut Français de Mécanique Avancée. A la fin de mon cursus, j’ai immédiatement trouvé du travail, dans l’aéronautique en région Parisienne. Je travaillais sur des logiciels très spécifiques, je récupérais des données d’entrée de nos principaux clients, qui nous demandaient de produire des calculs sur, essentiellement des pièces de structure de moteurs d’avion.

L'agréable surprise

Tout début Juillet 2015, j’apprends que j’ai mon Capes de Mathématiques, donc je décide de rentrer en France, sachant que je suis nommé enseignant stagiaire, donc à titre provisoire, dans l’Académie de Créteil, dans un collège à Romainville, en éducation prioritaire. Sur cette première année, je n’avais que deux classes de sixième. 

Et là tout de suite, je me rends compte que je me sens beaucoup mieux, que j’aime beaucoup travailler avec les enfants. Tout de suite, je trouve une dimension sociale dans mon métier et je me rends compte que je peux enseigner aussi les maths en anglais. Je choisis de préparer une certification, en surfant sur mon expérience en Ecosse.

Au mois de Mai, j’ai l’agréable surprise de recevoir un appel de l’inspection qui me propose de récupérer un poste sur profil, en lycée, pour enseigner en section européenne. Je le fais, je fonce et je prends ce poste à Bondy dès la rentrée 2016.

Quand j’ai décidé d’être prof, c’était vraiment pour venir ici, dans des quartiers « défavorisés », c’est clairement un choix politique, je n’ai pas du tout subi mon affectation ici, au contraire, j’ai demandé à être affecté dans l’Académie de Créteil, dans le département de Seine Saint Denis. »

Tony dans la salle de classe : « Sortez le cahier d’exercices, je vais projeter 2 équations au tableau, on fait ça, et après on introduit le cours sur les probabilités. »

« On est là pour essayer de faire en sorte, avec nos modestes moyens, que ça se passe un peu mieux, en priorité pour les enfants, mais aussi pour tous les gens qui travaillent là.

Le bilan de ma reconversion est clairement positif. Je me sens mieux dans ma vie, j’ai envie de me lever le matin, je me sens bien sur mon lieu de travail. Dans un établissement, il y a toujours des choses à faire, des espaces de liberté. Je pense, notamment, à la classe, où j’ai le droit de prendre des initiatives un peu comme je l’entends. Je dois suivre un programme mais, le chemin à prendre, c’est quand même moi qui le trace.

Après avoir changé de boulot, j’ai vraiment l’impression d’avoir trouvé le bon équilibre, aujourd’hui. »

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