Créer son entreprise grâce au digital : l'histoire du label « Sans Huile de Palme »

Léonard Lambert est « label manager ». Il a créé son label musical, «  Sans Huile de Palme  », en s'appuyant en grande partie sur les moyens de communication digitale. A partir d'une simple page Facebook, il a développé son projet pour en faire une SAS (société par actions simplifiée) unipersonnelle.

Label manager

Comment le digital est-il arrivé dans ton parcours professionnel ?

J'ai passé mon bac en 2010, et après, j'ai voulu travailler dans la communication digitale, mais on ne parlait pas encore du digital comme on en parle aujourd'hui. Moi je me destinais plus à faire du web-design, de la création de site Internet et du graphisme. C'était un DUT de communication qui s'appelle aujourd'hui "métiers de la communication et de l'Internet". Ensuite, pendant ce DUT, je me suis spécialisé dans la musique. J'ai fait une licence pro "administration et production de la musique". J'ai enchaîné des stages, des services civiques, j'ai travaillé un peu dans la production, et ça n'avait pas grand chose à voir avec le digital. Ensuite j'ai refait une formation professionnelle "métiers de la musique" à Issoudun, puis j'ai lancé directement ce que j'appelais à l'époque une agence artistique, "Sans Huile de Palme". Et c'est maintenant devenu une entreprise, un label. C'est là où je pense que j'ai vraiment été amené à utiliser le digital à mes fins, pour promouvoir les artistes. Aujourd'hui, c'est une société de production phonographique et, à l'origine, ça existait même uniquement en digital, puisque c'était une page Facebook, un compte Twitter et un Soundcloud (plate-forme de streaming très prisée des artistes indépendants). Et j'ai lancé ça un peu comme ça, j'avais envie de faire quelque chose dans la musique, du management et du booking (ndlr : activité consistant à trouver aux artistes des dates de concert). J'avais envie de créer une histoire avec des artistes, et tout est parti d'Internet, c'est ça qui est incroyable. Quand j'ai créé cela, je n'avais même pas d'artistes. J'ai lancé une page, et je me suis dit qu'on verrait ce qui se passerait. J'ai essayé de rendre cela attrayant, j'avais un nom marrant. Et rapidement il s'est passé quelque chose.

Qu'est-ce que tu proposais initialement aux artistes ?

Au départ, c'était juste une page Facebook où je proposais du booking, du management et de l'organisation d’événements. C'était ce que j'avais envie de faire, ce que je savais faire un peu, ou ce que j'avais envie d'apprendre à faire. Et en lançant des réseaux, j'ai réussi un peu à attirer du monde à moi, et cela s'est construit au fur et à mesure. Puis c'est allé de plus en plus vite, jusqu'à ce qu'au bout de deux ans, je me dise que je lançais mon entreprise, un label, parce que ça devenait logique de distribuer moi-même la musique de mes artistes et d'en faire la promotion. C'est un peu ce qu'on aurait pu appeler un "net-label", mais maintenant tous les labels sont sur Internet. C'est "full-digital" (ndlr : tous les services sont proposés via le web), et c'est vrai que la promotion passe uniquement par Internet. Du coup, j'ai dû apprendre à faire beaucoup de choses, des créations visuelles, gérer tous les réseaux sociaux des artistes, établir des stratégies d'ensemble. Et même des campagnes de publicité avec Facebook business, et autres.

Ce sont des choses pour lesquelles tu as été formé, quand tu étais en DUT ?

Sur tout ce qui était graphisme et utilisation des logiciels, oui. Ensuite, sur tout ce qui est purement digital, pas vraiment. Par exemple, les campagnes de publicité sur les réseaux sociaux, ça n'existait pas. C'est quelque chose d'assez récent. Il se trouve que ça me passionne, donc à côté de ça, j'arrive à travailler en freelance en proposant mes services de community management. Ça m'a rapidement intéressé de savoir comment tout cela fonctionnait, et comment adapter ma stratégie aux algorithmes des différents réseaux. Je me tiens au courant de l'actualité, je tape Instagram dans google actualités très régulièrement, pour être au courant de tout.

Un paramètre qui change sur un réseau social, cela peut avoir un impact fort ?

Exactement. Par exemple en mai-juin sur Instagram il y a eu une espèce de « krach », et les gens ne comprenaient pas pourquoi ils avaient deux fois moins de likes. J'ai fait des recherches, et effectivement, ils avaient changé l'algorithme. Ce sont des choses indispensables à suivre, avec ce que je fais, pour les artistes et le label que je développe. Aujourd'hui, musique et digital vont parfaitement ensemble, notamment avec les plateformes de streaming. Toute la logique digitale dans son ensemble s'y applique très bien.

Est-ce que tu suis des formations, au-delà de ce côté autodidacte ?

Je suis des formations en ligne, notamment comment lancer des campagnes sur Internet, et quelles bonnes stratégies adopter en fonction de son service, de son produit ou de ce qu'on défend. J'apprends tout seul, je lis et je regarde des vidéos sur YouTube aussi.