Rencontre avec Olivia Li Yung, community manager/ rédactrice web

Appartenant à la famille de la communication numérique, (qui représentait 13% de l'ensemble des métiers du numérique en 2017* ), il renvoie à des contenus de poste qui peuvent varier d'une entreprise à l'autre. Pour mieux comprendre ce métier, nous avons posé quelques questions à Olivia Li Yung, community manager/ rédactrice web chez Groupe 361, agence de communication web basée à Lyon.

community management

Quel est le parcours qui vous a menée à exercer ce métier de community manager/ rédactrice web ?

C'est arrivé un peu par hasard, après avoir fait du commerce international et du marketing. J'avais l'habitude d'utiliser les réseaux sociaux dans ma vie personnelle, j'allais sur Twitter et Foursquare à l'époque. Puis j'ai voulu reprendre mes études, et je me suis lancée là-dedans, parce que j'avais déjà une aisance sur Internet, avec les outils digitaux. J'ai fait une école de communication et de journalisme à Lyon et ,en master, j'ai appris à faire de la stratégie et du développement web. J'ai réalisé un stage puis un contrat en alternance dans une petite agence de production audiovisuelle où je pouvais toucher à tout. J'ai pu faire énormément de choses, et passer en CDI ensuite chez eux. 
 

Vous avez une double casquette : community manager et rédactrice web, est-ce courant dans ce métier?

Oui plutôt. Parce que community manager, ça veut tout et rien dire, ça dépend de la structure dans laquelle on travaille. Globalement, c'est gérer la présence d'une entreprise sur les réseaux sociaux, mais ça peut être beaucoup plus large que ça. Par exemple, si personne ne te chapeaute là-dessus, tu peux faire de la stratégie "social media", de la rédaction web, selon les clients ça rentre en considération ou non. Il y a des clients pour qui je travaille seulement sur une prestation "community management", tandis que pour d'autres il peut y avoir l'écriture d'articles de blog en plus, c'est variable.
 

Quelles sont les durées des missions ?

C'est des missions à l'année en général, quand on travaille en agence, et ensuite c'est renouvelé ou non. Quand on travaille chez l'annonceur, on s'en occupe tant qu'on est là.

Certains community manager se font remarquer par un ton un peu décalé sur les réseaux sociaux. Est-ce qu'il est important d'avoir une forte personnalité pour se démarquer ?

Quand le CM peut se permettre de faire ce genre de choses, c'est souvent géré en interne, ou alors c'est géré par de très grosses agences, vers qui les annonceurs se tournent car ils savent qu'ils peuvent leur faire confiance et leur laisser les clés des réseaux sociaux. C'est peut-être 10% des marques qui s'autorisent ce genre de choses. Après, en tant que community manager, on regarde parfois d'un œil perplexe ce genre de communication, parce que c'est souvent du tape-à-l’œil pour pas grand chose. Parce que ça permet de faire de la notoriété auprès du grand public, mais est-ce que c'est vraiment la cible visée ? 
 

« Il faut trouver ce qui va marcher chez les internautes, ce qu'ils ont envie d'entendre »

Quelles sont les principales compétences et qualités nécessaires pour être community manager?

Il faut de l'empathie, parce que lorsqu'on interagit ou que l'on crée des posts, il faut trouver ce qui va marcher chez les internautes, ce qu'ils ont envie d'entendre, notamment quand on s'occupe du SAV (service après-vente). Et il faut aussi avoir la capacité de faire plusieurs choses à la fois, parce qu'en général, on ne gère pas qu'un seul réseau social. On doit souvent gérer à la fois Facebook et Twitter, et Instagram parfois. Et il y a aussi le fait de travailler pour plusieurs marques différentes en même temps, qui implique de devoir s'adapter rapidement. Et il faut aussi être en lien avec les équipes créatives qui réalisent les visuels, donc il faut presque des qualités de chef de projet pour pouvoir coordonner tout ça. C'est un vrai travail d'équipe avec les graphistes et directeurs artistiques, et les chefs de projet qui s'occupent des budgets et prestations avec les clients. Et il y a aussi le « traffic manager » qui s'occupe des campagnes de publicité sur les aspects techniques.

Qu'est-ce qui est le plus difficile dans ce métier?

La relation avec le client. On est restreint par un budget et un ton de marque, et il peut arriver que le client arrive avec des demandes un peu farfelues, parce que ce ne sont pas toujours des gens qui travaillent dans la communication. Il faut parfois les canaliser et leur expliquer ce qui est possible ou non.

Pour finir, pouvez-vous me dire ce que que vous aimez le plus dans votre travail ?

J'aime le fait de travailler avec différents clients, de multiplier les missions. C'est stimulant de travailler avec de nouvelles entreprises, et de se battre pour remporter un contrat. Enfin, on a parfois l'occasion de piloter certains projets de bout en bout, de la stratégie à l'aspect opérationnel.

*Selon l'étude publiée récemment par la Dares, intitulée « Data scientists, community managers… et informaticiens : quels sont les métiers du numérique ? ».