Le monde agricole recrute énormément

Dominique Levrard est co-gérant d'une exploitation d'élevage située dans la Sarthe. Rattaché au label « Bleu-Blanc-Cœur », il développe une activité qui va de la production de l'alimentation des animaux, à la vente au consommateur final. A la veille du salon de l'agriculture, il nous raconte son activité et ses besoins réguliers de recrutement.

paragraphe-image-23

Comment est née votre exploitation ?

Nous avons repris une exploitation de type familial en polyculture/élevage, en 1992. C'était une société de type GAEC (groupement agricole d'exploitation commun), avec des productions animales : agriculture, aviculture de volailles, des vaches allaitantes et des torillons (jeunes bovins).
Leur schéma d'exploitation de masse, où la partie commerciale était effectuée par des coopératives ne nous convenait pas, nous avons donc changé de stratégie et nous avons réintégré toute la partie commerciale, la communication. Nous avons aussi  divisé par quatre les volumes de bovins, par deux ou trois ceux en volailles. nous avons développé la partie transformation de nos matières premières en investissant dans la fabrication d'alimentation pour les animaux, afin de maîtriser toute la chaîne de production jusqu'au conditionnement des produits,. De plus nous avons monté un laboratoire et nous commercialisons sous notre propre marque ce qui sort de l'exploitation.

Le fait de reprendre la chaîne complète a été très gourmand en main d'œuvre nous avons donc embauché. D'abord un mi-temps, puis un temps plein, puis deux, puis trois, et aujourd'hui, nous avons huit salariés en CDI à temps plein (ETP), en plus des deux associés. Nous avons aussi créé une deuxième structure qui s'occupe du conditionnement et de la partie commerciale, et qui est complètement liée à la première. 

Donc il y a eu une diversification des métiers, en lien avec les circuits courts par exemple ?

Oui, le monde agricole change, et depuis quatre/cinq ans, on sent une accélération importante des mutations. Les structures se concentrent, les changements de la société de consommation entraînent des évolutions du côté de la production.

Vous êtes rattachés à un label « Bleu-Blanc-Cœur », cela s'est fait dès le début ?

C'est un label que j'ai participé à créer en 1992. Aujourd'hui c'est une association qui compte vingt-deux salariés. Nous labellisons la valeur intrinsèque de l'alimentation, nous avons une obligation de moyens et surtout une obligation de résultats, notamment en termes de concentration en oméga 3.

Quels sont les différents métiers que vous recrutez ?

En tout, nous avons huit salariés en CDI. C'est essentiellement dans l'aviculture que les besoins sont les plus grands, dans le conditionnement et la commercialistation lors des périodes de Noël, dans ce cas, nous faisons appel soit à des intérimaires, soit à de la main d'œuvre qu'on recherche nous-mêmes.
Pour la phase d'élevage, c'est un salarié qui est chez nous, et en prestation de service, nous avons quatre personnes extérieures qui viennent tous les lundis matin, pour l'enlèvement manuel des volailles. Après, dans la production, nous avons aussi les travaux liés au vide sanitaire, le curage et le nettoyage du poulailler, qui nécessitent de la main d'œuvre extérieure, pour répondre à des pics de charge.
Du côté du conditionnement, préparation et de la commercialisation, nous avons deux postes dans le laboratoire que nous avons sur la ferme. Et puis après il y a un dernier poste, c'est la partie animation vente dans les grandes et moyennes surfaces.

Le recrutement, c'est une problématique ?

Nous avons eu des périodes compliquées pour trouver du monde. Dans l'ouest de la France et là où l’on se trouve, en limite de Mayenne, la main d'œuvre c'est compliqué, parce qu'on est à la limite du plein emploi. Quand on veut recruter, c'est souvent très long. C'est peut-être aussi parce que ces métiers sont mal connus. Peut-être qu'il y a une inadaptation de la formation ou de la société aux métiers du secteur primaire. Parce que le monde agricole n'intéresse peut-être plus les jeunes, on est vraiment déficitaires en main d'œuvre. Peut-être aussi que l'image de ces métiers a été peu valorisée.

Vous voyez des choses à faire pour améliorer ça ?

La profession devrait mieux communiquer, et je pense que l'alternance est un levier fort intéressant, il y a des choses à repenser dans la formation.

Il y a donc un fort potentiel de recrutement

Oui, dans toute la partie Grand-Ouest, le monde agricole recrute énormément.

Est-ce que vous auriez des conseils pour des personnes souhaitant se reconvertir?

L'alternance, c'est très intéressant, pour moi c'est le plus beau levier.