L'Accompagnement intensif des jeunes : pour ne pas rester seul face à la recherche d’emploi

L'accompagnement intensif des jeunes (AIJ) est un dispositif ouvert aux jeunes âgés de 16 à 30 ans. Destiné à les aider à retrouver rapidement un emploi, il a vu ses moyens renforcés dans le cadre du plan #1jeune1solution. C'est grâce à ce dispositif que Laura a pu concrétiser son projet de reconversion professionnelle.

L'AIJ en action

Début 2020, après une première expérience professionnelle dans l'hôtellerie, Laura quitte la côte d'Azur pour s'installer dans l'Est de la France, et fait le projet de changer de secteur professionnel. Après son inscription à Pôle emploi, et alors que la France connaît un premier confinement, elle a rendez-vous avec Stéphane, conseiller "accompagnement intensif jeunes", dans une agence Pôle emploi de Metz. Celui-ci entame son accompagnement, avec de premiers entretiens qui se déroulent par téléphone.

Une fois cette période de confinement terminée, Stéphane va poursuivre les rendez-vous en agence les mois suivants, en mai et juin. Il raconte : "J'ai repris tout le diagnostic à zéro, parce que ce n'est pas forcément évident par téléphone, avec des jeunes." En face-à-face, il est en effet souvent plus simple de créer un climat de confiance, ce qui est la condition sine qua non de l’accompagnement pour tout conseiller Pôle emploi. Chez Pôle emploi depuis 23 ans, Stéphane apprécie de mener son activité auprès des jeunes, dont il loue les capacités d'écoute. Et à entendre Laura, il a su répondre à ses besoins de soutien dans son projet de reconversion : " il m'a renseigné sur ce que je pouvais faire pour retourner dans le cursus scolaire, parce que j'en étais sorti. Et aussi sur comment Pôle emploi pouvait continuer de m'aider, parce que financièrement c'était un peu compliqué, comme je devenais apprentie". 

Un accompagnement global

En effet, suite à sa démission, Laura n'a pas immédiatement de droits aux allocations chômage, mais la réglementation lui permet d'en faire la demande, après quatre mois passés au chômage. Aussi, Stéphane va l'aider à formuler un recours devant les instances paritaires régionales, auprès de qui elle obtient "gain de cause", car elle justifie de recherches d'emploi actives "même pendant le confinement", explique le conseiller.
Le conseiller raconte les premiers échanges avec Laura : "Elle m'a parlé de son projet de travailler avec des animaux. Elle avait une problématique de santé au niveau du poignet, et elle m'a parlé de son envie d’être auxiliaire vétérinaire, et de sa passion pour les animaux de compagnie. Donc j'ai dit : pourquoi pas ? ".
Bien sûr, comme chacun sait, entre l'idée que l'on se fait d'un métier et la confrontation à son exercice pratique, il y a un écart qui peut être plus ou moins grand. Afin d'évaluer comment Laura envisage cette activité d'auxiliaire vétérinaire, Stéphane évoque avec elle les "mauvais côtés" du métier, notamment les aspects relatifs à la santé et à la mort des animaux, qui peuvent être difficiles à vivre.

Faire un essai pour découvrir un métier

Bien souvent, seule l'expérience permet de savoir si l'on se sent apte à exercer une activité donnée. C'est d'ailleurs la vocation des "périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP)" : permettre aux demandeurs d'emploi de se faire une idée concrète du nouveau métier auquel ils se destinent. Stéphane raconte comment il en est venu naturellement à utiliser cet outil dans l'accompagnement de Laura : "Je lui ai dit : "Vous savez, psychologiquement c'est important la découverte du métier. J'ai accompagné une dame qui voulait faire ça, et au bout de 48 heures elle a abandonné". C'est ainsi qu'il lui propose une période d'immersion, qu’elle fera chez le vétérinaire qui s'occupe de son animal de compagnie, dans le cadre d'une convention de deux semaines. Suite à cette expérience, le vétérinaire lui propose un contrat d'apprentissage. Stéphane lui donne toutes les informations relatives à ce type de contrat, qui a démarré à la rentrée dernière, en alternance avec des cours dans une école qu'elle a intégrée, à la même période.
Pendant les deux premiers mois du contrat d'apprentissage, le conseiller garde le contact avec elle pour savoir si tout se passe bien et si la période d'essai est validée. Laura perçoit également un complément d’allocations chômage, se cumulant aux revenus de son contrat. Cela lui permettra de ne pas avoir de perte de revenus, et de pouvoir mener à bien son projet de reconversion. La formation, quant à elle, est financée par l'OPCO (Opérateur de compétences) auquel est rattaché son employeur.

L'AIJ : un dispositif renforcé

Récemment renforcé dans le cadre du plan #1jeune1solution, l'AIJ permet aussi, le cas échéant, de débloquer certaines aides pour les jeunes. Stéphane nous explique : "Si un jeune touche moins de 300 euros de la part de Pôle emploi, nous pouvons faire des demandes d'aide financière, nous avons un budget par agence. Par exemple, si un jeune doit payer un abonnement d'autoroute ou s'il doit payer le plein de sa voiture et qu'il est en difficulté. C'est tout nouveau dans le plan #1jeune1solution".
En fonction des besoins, le montant de l'aide peut aller jusqu'à un maximum de 497 euros par mois, sur une durée maximale de trois mois."

Qu'ils souhaitent se reconvertir ou non, de nombreux autres jeunes en quête de soutien vont pouvoir bénéficier d'un tel accompagnement. En effet, avec le plan #1jeune1solution, ce sont plus de 240 000 accompagnements « AIJ » qui devraient être réalisés en 2021. 

Pour aller plus loin

Les détails sur l'AIJ : https://www.economie.gouv.fr/plan-de-relance/profils/particuliers/accompagnement-intensif-jeunes-aij

Etre accompagné dans vos démarches grâce à l’Accompagnement Intensif des Jeunes (AIJ)