Sur les métiers de bouche, on recherche des collaborateurs toute l’année

Anne-Laure Poquet, Directrice Emploi, Recrutement et Mobilité France pour le groupe Carrefour nous parle de ces métiers qui recrutent.

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Les métiers de bouche englobent toute activité professionnelle impliquant la préparation des mets destinés à l’alimentation humaine, qu’ils soient élaborés chez un artisan ou dans la grande distribution. Dans ce dernier cas, les métiers de bouche s’exercent dans les rayons charcuterie-traiteur, poissonnerie, boucherie, boulangerie-pâtisserie et fruits et légumes. Il s’agit de véritables viviers d’emplois, et pourtant, les métiers de bouche peinent à recruter. Anne-Laure Poquet, Directrice Emploi, Recrutement et Mobilité France pour le groupe Carrefour, revient sur ce paradoxe.

Combien le groupe carrefour emploie-t-il de personnes sur les métiers de bouche ?

Chez Carrefour, les métiers de bouche représentent 20% des effectifs, soit un peu plus de 12000 collaborateurs en hypermarchés, et 7000 en Carrefour Market. Notre ambition étant de devenir le leader de la transition alimentaire pour tous, ce sont des métiers sur lesquels nous recrutons beaucoup. Nous avons recruté 500 collaborateurs l’année dernière, rien que sur les rayons boucherie, boulangerie-pâtisserie et poissonnerie. Nous allons continuer à embaucher.

Quels profils recherchez-vous ?

Nous avons énormément besoin de main-d’œuvre dans tous les métiers de bouche, mais là où nous observons une véritable pénurie, ce sont les métiers de boucher et de boulanger. Ceux-ci nécessitent un diplôme. Nous recherchons donc des personnes diplômées pour ces rayons. Cependant, tous ces métiers ne requièrent pas forcément un diplôme. Cependant, tous ces métiers ne requièrent pas forcément un diplôme. Typiquement, sur les rayons fruits et légumes ou charcuterie-fromage, on n’a pas besoin de diplôme, et on y recherche aussi de nouveaux collaborateurs toute l’année

Le groupe Carrefour met-il en place des formations pour mieux recruter ?

Tout à fait. Par exemple, nous formons des apprentis en partenariat avec des CFA ou des écoles spécialisées. Nous serions prêts à en recruter 700 dès l’année prochaine. Nous avons également un partenariat avec les Restos du Cœur, les Tremplins du Cœur, un projet d’insertion progressive qui permet de former les bénéficiaires de l’association au métier de boucher. Ils suivent un contrat de professionnalisation de douze mois, à l’issue duquel ils obtiennent un certicat de qualification professionnel sur la boucherie. Ces programmes sont mis en place une à deux fois par an, pour des sessions d’une dizaine de personnes.

On peut faire carrière dans les métiers de bouche ?

Oui, clairement. Aujourd’hui, les clients réclament de plus en plus d’information sur les produits, pour se renseigner sur leurs origines, leur préparation, la manière de les cuisiner… Nous avons besoin de ces métiers dans nos magasins. Ils ne sont pas du tout amenés à disparaître, au contraire. Nos collaborateurs détiennent une expertise indispensable. Cette maîtrise du produit qu’ils vendent contribue à la qualité du service client que nous recherchons chez Carrefour. Alors, oui, ces métiers sont d’avenir, et on peut faire carrière chez Carrefour. De nombreux collaborateurs ont évolué au sein de l’entreprise. Ils ont commencé par un métier de bouche, sont passés managers, voire directeurs de magasin, d’autres ont même accédé à des fonctions au siège après leur expérience en magasin.

Quel salaire peut attendre quelqu’un qui débute chez carrefour dans un métier de bouche ?

Pour certains métiers de bouche, comme la boucherie, une habilité manuelle est de plus en plus recherchée ; sur d’autres rayons, c’est l’esprit esthétique qui est plutôt requis, par exemple dans les fruits et légumes. Les rémunérations varient beaucoup selon le métier, le niveau d’expertise, l’ancienneté, l’expérience préalable, et même la zone géographique. Ce que nous appelons chez nous un « technicien de fabrication », qui dispose d’un diplôme lui permettant de travailler en boucherie ou en boulangerie, peut escompter un salaire de 1 700 à 1 900€ bruts par mois à la prise de poste. Pour un employé de rayon, qui n’a pas forcément de diplôme et qui est chargé d’organiser les rayons, on sera plutôt sur du 1 600 à 1 700€ bruts. Mais ces salaires évolueront au fil du temps passé dans l’entreprise.

Comment expliquez-vous que vous ayez du mal à embaucher ?

En réalité, les métiers de bouche pâtissent d’une désaffection chronique, depuis une vingtaine d’années. De moins en moins de candidats ont été formés, d’où la pénurie sur le marché. Depuis quelques années, il y a quand même une volonté de rendre leurs lettres de noblesse à ces métiers. Parallèlement, de plus en plus de personnes prennent conscience qu’il y a de réels débouchés sur ces métiers. Nous essayons donc de sensibiliser au maximum, de présenter les parcours que nous proposons chez Carrefour, nous faisons des visites magasin pour décrire les parcours de nos collaborateurs… C’est ce qui permet de susciter des vocations.

Travaillez-vous avec Pôle emploi en ce sens ?

Nous sommes partenaires depuis vingt ans. Nous faisons énormément de présentations lors de sessions auprès de personnes inscrites à Pôle emploi, lors desquelles des membres de nos effectifs vont leur présenter leur métier, leur parcours… Nous repérons également les profils Pôle emploi qui nous paraissent intéressants. Nous travaillons sur du « sourcing » et de la sensibilisation. Et puis, 100% de nos offres sont publiées sur pole-emploi.fr.

Consultez la page "Carrefour recrute".

Sylvie, bouchère chez Carrefour, nous montre et nous raconte son métier qu'elle exerce avec passion.

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