Votre job d’été : 3 semaines pour le décrocher !

Jeunes et moins jeunes, avec ou sans qualifications, foncez sur la saison d’été pour saisir des opportunités d’emplois. 

A l’heure où la France reprend ses activités, les offres repartent à la hausse. Ingrid Petit, Responsable Équipe Entreprise au sein de l’agence Pôle emploi d’Antibes Vallauris, répond aux interrogations que beaucoup d’entre vous se posent et à certaines idées reçues.

Ingrid Petit, Responsable Équipe Entreprise au sein de l’agence Pôle emploi d’Antibes Vallauris

« Avec le Covid-19, il n’y a plus de jobs d’été à pourvoir sauf dans l’agriculture »

Ingrid Petit : Faux, la saison est seulement décalée. Depuis l’annonce du gouvernement de déconfiner le 14 juin dernier, les commerces, l’hôtellerie et la restauration reviennent en force, même si le contexte est à la prudence, notamment en raison de la baisse du tourisme étranger. Quant à l’agriculture et aux services à la personne, les offres ont été maintenues et continuent d’arriver.

« Il est trop tard pour trouver mon job d’été »

Ingrid Petit : Faux, c’est justement maintenant que ça se passe. Les trois prochaines semaines seront très intenses. Consultez sans attendre les offres de jobs saisonniers sur le site Mobilisation Emploi, d’autant que la saison est plus courte cette année (3 mois contre 4 à 6 mois en temps normal). Pôle emploi y propose pas moins de 13 000 offres au plan national, dont près de 4300 emplois saisonniers. Secteurs, localisation, type de contrat… Tout y est pour vous permettre d’affiner votre recherche.

« Dois-je privilégier un site de recherche d’emploi ou postuler à tous ? »

Ingrid Petit : Vraie question car les plateformes de recherche sont légion. Mais le temps presse et il s’agit de gagner du temps en trouvant la bonne plateforme et en étant sélectif. Sur Mobilisation Emploi, vous avez la garantie que Pôle emploi a vérifié la viabilité des offres directement auprès des employeurs (salaire, durée du contrat, respect des critères sanitaires…). Idem sur pole-emploi.fr.

« Est-ce que la candidature spontanée marche ? »

Ingrid Petit : En temps normal, c’est un moyen intéressant de trouver un job. Mais ce n’est pas le meilleur moment pour la tenter, car les recruteurs traitent actuellement des piles de candidatures ciblées envoyées en ligne. Donc priorité aux réponses aux offres. Si vous tentez la candidature spontanée, gardez la même préparation qu’une candidature classique : ciblage de l’offre, mise en avant pertinente des compétences, affichage d’une motivation élevée.

« J’ai envoyé des dizaines d’offres et je n’ai pas eu de retours après 3 semaines.»

Ingrid Petit : Avec le redémarrage de l’activité, les recruteurs sont débordés et beaucoup de candidatures vont faire chou blanc, car la concurrence est rude. Surtout ne vous découragez pas et formulez votre candidature le plus précisément possible, en conformité avec votre profil et vos compétences. Si vous n’avez pas rencontré un recruteur sur une quinzaine de candidatures envoyées, il faut s’interroger sur votre ciblage.

« Je n’ai pas les qualifications nécessaires. »

Ingrid Petit : Vous avez surtout des capacités insoupçonnées ! Stages professionnels, saisons d’été précédentes, engagements associatifs, jobs antérieurs… Toutes ces expériences vous donnent des compétences appréciées des employeurs. Et si c’est votre première recherche, dites-vous une chose : mon savoir-être correspond-il aux compétences indiquées dans l’offre ? Résistance au stress et capacité d’organisation ? La restauration peut vous convenir. Bonne résistance physique et mobilité de transport ? Le travail de saisonnier agricole est fait pour vous. Sens de l’accueil et de la persuasion ? le job de vendeur vous attend.

« Vous avez des capacités insoupçonnées ! Dites-vous : mon savoir-être correspond-il aux compétences indiquées dans l’offre. »

« Sur quoi dois-je insister sur mon CV et ma lettre de motivation pour retenir l’attention des employeurs ? »

Ingrid Petit : Tournez la question autrement : CV et lettre de motivation sont le prolongement de votre envie. Il faut bien sûr appuyer sur les compétences requises dans l’offre, mais il faut faire comprendre, au regard de votre parcours et de vos qualités, que vous êtes motivé pour ce job précis dans ce secteur en particulier. Cela s’en ressentira et fera gagner du temps à tout le monde ensuite, aux différentes étapes du recrutement. Rendez-vous ici pour l’aide au CV et ici pour la lettre de motivation.

« Puis-je poser des questions à l’entretien sur le périmètre du poste ? »

Ingrid Petit : Bien entendu et c’est même fortement conseillé. Cela démontre une curiosité et une volonté de cerner la nature du travail demandé. Pour vous, cela peut donner des indications sur ce que vous pouvez assumer : horaires décalés de plagiste, travail physique, résistance à la chaleur… Tout cela s’anticipe pour connaitre ses limites afin de ne pas faire partie des vagues régulières de saisonniers qui quittent leur job au bout d’une semaine. L’objectif est aussi de se sentir bien pendant 3 mois !

« Peut-on rencontrer directement des employeurs dans des salons actuellement ? »

Ingrid Petit : Les salons en physique sont suspendus du fait de la crise sanitaire. Mais les salons en ligne sont très bien faits : visitez les stands des secteurs d’intérêt, identifiez les offres et prenez contact avec les employeurs. La suite sera l’entretien téléphonique ou en visio et désormais, depuis le déconfinement, en présentiel. Pôle emploi vous propose ici l’ensemble des salons, à cibler par secteurs professionnels et localisations géographiques.

« Comment me préparer pour l’entretien ? »

Ingrid Petit : En visio d’abord, privilégiez un endroit calme, avec une bonne connexion, un fond neutre derrière vous, consultez vos notes sans donner la sensation de les lire… L’employeur doit sentir le sourire dans votre voix, surtout pour les métiers de services comme l’hôtellerie-restauration et le commerce. Et soignez votre tenue : une candidature de plagiste ne vous autorise pas à vous présenter en chemise hawaïenne et en short à l’entretien, en physique comme en visio ! 

« Je candidate loin de chez moi. Comment trouver un hébergement raisonnable ? »

Ingrid Petit : Ma recommandation est de chercher un job d’été proche de chez vous. Car les plus gros pourvoyeurs sont les régions littorales balnéaires, à un moment où les locations sont les plus élevées. Il y a peu d’hébergements disponibles pour les saisonniers d’été, hormis ceux mis à disposition par les très grands hôtels ou les syndicats professionnels. Les hébergements sont rares pour les offres dans les commerces, les services à la personne et la restauration. Si vous faites la saison loin de chez vous et recherchez un hébergement raisonnable, renseignez-vous auprès des offices de tourisme et des mairies, consultez les offres des agences immobilières et les solutions les plus économiques (colocation, camping). 

« Les touristes étrangers seront absents cet été ? »

Ingrid Petit : Faux ! Les touristes européens seront de retour et les centrales de réservation des hôtels enregistrent une hausse des demandes. Cela concerne aussi les jobs d’été dans la restauration et le commerce. Donc ne supprimez pas votre appli de traduction français-anglais, car vous allez en avoir besoin. Pour les touristes internationaux, la situation est plus incertaine, mais l’anglais reste la valeur sûre à maîtriser pour parler aux non-francophones.