100 000 postes à pourvoir dans l’hôtellerie-restauration, pourquoi pas vous ?

De très nombreux postes sont à pourvoir dans l’hôtellerie-restauration… Intéressé ? On fait le tour en 5 questions, avec Hervé Becam (Umih) et Catherine de Bruyne (GNI-HCR).

1. Quels sont les métiers de l’hôtellerie-restauration où les besoins sont les plus importants ?

Ce sont surtout les métiers de la restauration qui offrent le plus d’opportunités d’emplois, en salle (serveurs de café et de restaurants…) comme en cuisine (aides, apprentis, employés polyvalents de cuisine).

Certains métiers de l’hôtellerie sont également très en demande : gouvernante, personnel d’étage… Selon Catherine de Bruyne*, c’est même l’ensemble des postes qui sont actuellement en recherche de candidats (accueil, réception, etc.).

A noter que les zones ou régions très touristiques, comme le Sud-Est ou la Bretagne, sont celles qui sont le plus en demande, notamment dans le cadre des « saisons ». Il est encore temps de postuler pour cet été !

2. Quel type de contrats de travail offre le secteur ?

« La profession se situe dans la moyenne nationale en matière de CDI », affirme Hervé Becam, selon lequel « un peu plus des trois-quarts des effectifs de l’hôtellerie-restauration » sont concernés, soit autour de 600 000 salariés.

Le recours à l’intérim serait par ailleurs « faible » selon lui. Le secteur a davantage recours à des contrats saisonniers ou à des contrats en temps partiel.

3. Faut-il obligatoirement avoir un diplôme pour postuler ?

Même si les profils qualifiés sont bien évidemment très recherchés, pas question de baisser les bras si vous n’en avez encore aucun.

En effet, selon Catherine de Bruyne, il est possible de se former « assez facilement » aux métiers du secteur. Selon elle, la profession a développé « beaucoup d’outils » sur la formation notamment dans le cadre d’un travail avec Pôle emploi autour de la Préparation opérationnelle à l'emploi collective (POEC).

Possible donc, sans avoir de diplôme spécifique au départ, de se former pour travailler, sachant en plus qu’il y a « beaucoup de marges de progression dans la profession ».

 

« Aimer le contact et le dynamisme »

4. Quelles sont les compétences humaines, ou « soft skills », attendues dans le secteur ?

« La compétence professionnelle d’un collaborateur aujourd’hui se mesure à sa capacité à faire revenir le client », selon Hervé Becam, qui insiste ainsi sur le « savoir-être ».

Aimer « le contact avec les clients », comme le formule également Catherine de Bruyne, est donc bien une compétence-clé. Et les candidats auront sans doute encore plus leurs chances s’ils aiment « l’activité, le dynamisme ». « Ce sont aujourd’hui des critères recherchés quand on n’a pas de formation, pour ensuite amener les gens à se former », explique-t-elle.

Et même si cela ne fait pas partie à proprement parler des « soft skills », la maîtrise d’une langue étrangère est un atout indéniable.

5. Salaires, conditions de travail… Où en est le secteur ?

La branche de l’hôtellerie-restauration a récemment conclu un accord qui permet de revaloriser les salaires minimums de 16% en moyenne.

Une autre négociation est en cours, cette fois-ci sur l’amélioration des conditions de travail, et devrait aboutir en mai. Seront abordées dans ce cadre la question des coupures (l’après-midi entre le service du midi et celui du soir), des repos consécutifs, des heures supplémentaires, de la participation ou encore l’amélioration de la protection sociale… A suivre.

Il faut quoi qu’il en soit garder à l’esprit que le secteur comporte certaines contraintes qui lui sont propres. Comme le formule Catherine de Bruyne, « on travaille quand les autres sont en phase de loisirs ». Elle n’en conseille pas moins « de ne pas s’arrêter aux a priori ». C’est un secteur où, selon elle, « il y a beaucoup de perspectives, où l’on fait des expériences humaines et professionnelles »… Bref, « c’est un milieu qu’il faut aller rencontrer ».

Des « job datings » dans les halles Métro jusqu’à la mi-mai

Organisée par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), le Groupement des indépendants – Hôtellerie & Restauration (GNI-HCR) et Métro France, l’opération « Place à l’emploi » consiste en des « job datings », au sein des 99 halles Métro, entre restaurateurs et candidats.

Ces derniers sont sélectionnés par les agences Pôle emploi locales. Si l’opération a démarré en mars et que de nombreux événements se sont déjà déroulés, une « troisième vague » aura lieu avant la mi-mai.
Vous pouvez peut-être encore tenter votre chance dans certaines villes*. N’hésitez pas à en parler à votre conseiller Pôle emploi !

*Vannes, Lorient, Brest, St Malo, Rennes, Nantes, La Roche sur Yon, Le Mans, Rouen, Caen, Le Havre, Chartres, Orléans, Poitiers, La Rochelle, Brive, Périgueux, Pau, Toulouse, Agen, Carcassonne, Béziers, Perpignan, Nîmes, Alès, Nice, Cannes, Venelles, Les Pennes, La Valentine, Limonest, Clermont, Annemasse, Passy, Albertville, Chambéry, Gerland, Belfort, Colmar, Mulhouse, Metz, Epinal, Auxerre, Troyes, Gauchy, Charleville, Valenciennes, Lomme, Wattrelos, Calais, Creil, Cergy, Bobigny, Chennevières, La Chapelle, Vitry, Evry, Vaulx le Pénil, Nanterre, Villeneuve, Châlon, Besançon, Dijon.

*Sources
Hervé Becam est le vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).
Catherine de Bruyne est directrice de la négociation collective et de la protection sociale au Groupement des indépendants – Hôtellerie & Restauration (GNI-HCR).