La chaudronnerie, késako ?

C'est l'art de fabriquer des biens d'équipements et de consommation, à partir de métaux en feuille (acier, inox, etc.), de tubes et de profilés.

Chaudronnerie582x337

La chaudronnerie est souvent mal identifiée et méconnue, dans le paysage de diverses branches de l'industrie. Pourtant, elle est présente tout autour de nous : dans les appareils électroménagers, les ascenseurs, la carrosserie de voiture ou encore dans le secteur aéronautique.

De nombreux secteurs industriels font appel à la chaudronnerie :

  • les industries de l'alimentaire : le chaudronnier fabrique de nombreux appareils destinés au traitement et au stockage en grande quantité des denrées alimentaires (silos, cuves de stockage, fours, mélangeurs, autoclaves, tapis roulants, machines à sectionner, calibrer, emballer, etc.).
  • la chimie et la chimie finie : cuves de stockage des fluides, tuyauteries de transport, broyeurs ou concasseurs pour les solides, réacteurs, agitateurs, etc. destinés à la fabrication de produits chimiques ; pour la chimie fine, le chaudronnier réalise des pièces permettant l'application industrielle des expériences menées en laboratoire.
  • le pétrole et le gaz : de leur extraction à leur utilisation, le pétrole brut comme le gaz nécessitent beaucoup d'installations permettant de les traiter et de les affiner, pour ensuite donner naissance aux différents produits d'usage quotidien.
  • l'électricité : l'électricité joue un rôle important dans les branches techniques, industrielles et domestiques, d'où la nécessité de la produire en grande quantité. Pour y parvenir, il existe plusieurs procédés dont les plus connus sont l'hydroélectricité, le nucléaire et le thermique. Ces installations de production requièrent le travail du chaudronnier par la réalisation de conduites forcées, tuyères, turbines, cuves de réacteurs, chaudières, ...
  • le nucléaire : avec un parc de centrales vieillissant et des exigences de sureté grandissantes, les dépenses de rénovation et maintenance sont en forte progression. De quoi alimenter les commandes de matériels chaudronnés neufs ainsi que la demande en services de maintenance et réparation.
  • l'aéronautique : le chaudronnier crée des éléments de structures de l'avion.
  • les transports et la construction : pour les transports terrestres, le chaudronnier réalise des produits dont les caractéristiques principales sont la rapidité, la contenance, la sécurité et l'esthétique, comme par exemple les châssis et la carrosserie du TGV, la construction de bateaux de croisière, de cargos, mais aussi de navires de guerre, bâtiments d'études océaniques ou de remorqueur.
  • l'industrie navale : construction navale, réparation, etc.
  • l'industrie automobile : fabrication de pièces sur plans, etc.
  • et l'artisanat d'art. Le chaudronnier fabrique sur mesure des mobiliers métalliques ou des objets de déco.

Ainsi, de nombreux secteurs industriels ont besoin de professionnels de la chaudronnerie, qu'il s'agisse de fabrication, de réparation ou de maintenance.

Les entreprises du secteur

Le secteur est essentiellement composé de petites entreprises.

  • Depuis quelques années, les entreprises de chaudronnerie ont développé des services à forte valeur ajoutée, pour finalement devenir de véritables ensembliers industriels. Ceux-ci ont en général 3 activités : la conception, la fabrication et l’installation. Ce sont les principaux donneurs d’ordres du secteur. Ces sociétés sont les moins nombreuses mais les plus importantes. Quelques grands groupes de renommée mondiale côtoient un grand nombre d'entreprises de moins de 50 salariés.
  • Les sociétés de maintenance, proposant une gamme de service étendue. La maintenance représente aujourd'hui une grande part de chiffre d'affaires en chaudronnerie.

Les entreprises de chaudronnerie sont capables d'assurer la conduite de grands projets industriels, de la conception à la maintenance, en passant par la fabrication, le montage et la formation des opérateurs.

Les métiers

La chaudronnerie regroupe diverses activités (tuyauterie, soudage). 
Autour de l'activité de chaudronnerie en tant que telle, différents métiers soutiennent l'essor de cette industrie. Ils se répartissent parmi les fonctions suivantes : 

  • La conception : au sein des services de Recherche et Développement, les ingénieurs assistés de techniciens inventent ou perfectionnent les produits.
  • Les fonctions commerciales et de suivi de chantier : les chargés d’affaires commercialisent et suivent la réalisation des prestations vendues.

La chaudronnerie reste un milieu majoritairement masculin, mais les femmes y sont les bienvenues! 

Pour en savoir plus sur le métier, vous pouvez vous tourner vers le Syndicat de la Chaudronnerie, Tuyauterie, Tôlerie et Maintenance Industrielle. Et pour aller à la rencontre de cet univers professionnel, notez sur votre agenda les dates des 6 et 7 octobre 2021 : c'est ce jour là que se tiendra le Forum Tuyauterie, Chaudronnerie et Maintenance (FCTM), à Paris. De quoi découvrir les nombreuses missions réalisées par les chaudronniers et les métiers apparentés.

Se reconvertir dans la chaudronnerie : l'itinéraire de Raymond

Raymond a eu une première carrière de maréchal ferrant. Après un apprentissage classique, il fait un tour de France chez les Compagnons, puis s'installe à son compte pendant dix ans. Songeant à l'horizon de la retraite, il va réfléchir à se reconvertir dans un métier moins pénible sur le plan physique.

Passionné d’aéronautique, il fait le projet d'exercer un autre métier manuel, celui de chaudronnier.A la veille de ses 40 ans, il se lance alors un dans un nouveau projet. Il bénéficie alors de son réseau, à travers sa pratique sportive, et demande conseil à des connaissances, notamment à un ami qui dirige un CFA, qui évoque avec lui les débouchés possibles s'il se reconvertit dans la chaudronnerie. Il met fin à son activité d’entrepreneur, résolu à se diriger vers la formation de chaudronnier en aéronautique. Il réalise quelques missions d'intérim le temps d'assurer la transition. Il s'inscrit alors à Pôle emploi, où il va être accompagné dans son projet par un conseiller. Il raconte : "moi je pensais qu'en tant qu'artisan, je n'avais droit à rien. Mais comme les métiers aéronautiques étaient en tension, les formations étaient assez accessibles et financées".

Très vite, il va pouvoir être positionné sur une préqualification, une formation d'immersion dans le milieu de l'industrie, avec le GRETA (formation pour adultes). Cela va le conduire à obtenir le titre professionnel de chaudronnier dans l'aéronautique. Au cours de sa formation, il réalise des stages dans deux entreprises différentes, puis va réaliser un stage pour valider sa formation au sein d’une entreprise qui va finalement décider de l'embaucher. Une formation qui va durer neuf mois en tout. Et qui va lui permettre de signer un CDI, quinze jours avant la fin de sa formation, il y a deux ans, début 2019. Il travaille depuis chez un sous-traitant de rang 1 (c'est-à-dire travaillant directement pour le client final), pour des entreprises comme Safran Turboméca (n°1 mondial de la turbine d'hélicoptère) et autres commanditaires du secteur aéronautique. Ainsi, il s’occupe notamment de la réalisation de pièces de moteur et d'échappement.