Accéder aux espacesBloc fermé
Changer de régionBloc fermé
Luxe, textile, mode

Maroquinier (H/F)

Sacs à main, ceintures, portefeuilles, mallettes sont aujourd'hui les objets d'apparat indispensables à une clientèle de plus en plus « accro » aux accessoires de mode. La maroquinerie devenant plus « fashion » exige des artisans une recherche constante afin de renouveler les collections.

Au fil des tendances

Les articles de maroquinerie sont bien devenus le complément incontournable de la tenue vestimentaire.

Les femmes sont les principales clientes du fait de leur sensibilité aux phénomènes de mode et en particulier les jeunes femmes de 18 à 25 ans pour lesquelles on note une augmentation significative de la demande. L'innovation est le principal vecteur de désir, que cela soit au niveau des formes, des couleurs ou des matières.

Les marques réputées ainsi que les nouveaux créateurs ont perçu cet engouement et su prendre le bon tournant. Si la diversification des marques est un phénomène ancien dans l'univers du luxe, en valorisant et en développant leur pôle « accessoires », les entreprises ont répondu à une demande croissante et ainsi profité d'une nouvelle manne pour leur chiffre d'affaires. Qu'importe le prix de l'objet convoité tant que la qualité et la rareté sont présentes ! Satisfaire une demande croissante tout en maintenant de hauts critères de savoir-faire et de créativité est un enjeu majeur du secteur pour susciter la désirabilité de la marque.

Le métier de maroquinier

Le métier de maroquinier a évolué ces dernières années avec l'intérêt de plus en plus prononcé pour les accessoires de mode. La maroquinerie devenant plus « fashion » exige des artisans une recherche constante afin de renouveler les collections. A l'instar des couturiers, les grandes maisons vont produire jusqu'à deux collections par an. On recherche de nouveaux produits toujours plus stylés et ergonomiques comme des petits sacs et poches en ceintures ou en bandoulières, des besaces modulables…

L'influence de la mode s'exerce également sur les matières utilisées. Ces dernières années le tannage a évolué et anobli le cuir qui est devenu dentelle ou métallique. Mais le maroquinier ne se contente pas de travailler les peaux : le tissu, les matières synthétiques, les perles ou encore les plumes prennent une place de plus en plus importante dans la confection. Le panel s'étend et se diversifie pour le plus grand bonheur de ces artisans amoureux des matières. Les techniques ont évolué également afin de répondre à cette demande croissante. La découpe au laser par exemple a permis de simplifier et de rationaliser certains processus de production.

Une grande et belle famille

Les stylistes sont les « artistes » de cette vaste famille que forment les maroquiniers. Ce sont des capteurs de tendances chargés d'anticiper et de conceptualiser les goûts d'un public exigeant en ce domaine. Les stylistes sont souvent issus d'entreprises de renom car ces dernières ont suffisamment de solidité financière pour disposer d'un, voire de plusieurs bureaux d'études afin de concevoir des techniques de pointe mais aussi bénéficier d'exclusivités sur certains produits : une vraie aubaine pour un créatif ! Il est également possible de trouver des stylistes hors des grandes maisons. Généralement ces derniers se positionnent en dehors du marché du luxe trop concurrentiel et contraignant financièrement.

Les modélistes, eux, sont des techniciens, détenteurs des savoir-faire et ouverts sur les nouvelles technologies. Ils ont la charge délicate de mettre au point le prototype imaginé par le styliste en partant de ses dessins ou de ses maquettes. On le retrouve également sous la dénomination de « metteur au point » ou sous le jargon de « prototypiste ». Ils sont le maillon indispensable entre la création et la réalisation, le relais entre l'artiste et l'entreprise. Ces maîtres d'œuvre devront déterminer la faisabilité et la rentabilité du projet en établissant toutes les étapes de la production.

Les façonniers sont les artisans sur lesquels repose la production des objets de maroquinerie. Suivant les recommandations du modéliste ils devront mettre en œuvre les techniques requises pour la conception du prototype. C'est leur niveau de connaissance des techniques qui déterminera leurs compétences à réaliser tel ou tel produit. Travaillant souvent dans des ateliers dédiés à une production particulière, ils évolueront en changeant régulièrement d'atelier, assimilant le savoir-faire « maison » et des techniques de plus en plus pointues. On retrouve de nombreux façonniers dans des ateliers en province auprès de qui de nombreuses marques sous-traitent leur production.

Mais tous les maroquiniers ne peuvent être « rangés » dans des catégories aussi bien définies. Cette classification est surtout valable pour les moyennes et grandes entreprises. Les artisans des petites ou très petites entreprises se doivent d'être compétents dans tous les domaines. On retrouvera des artisans indépendants à la fois stylistes, modélistes et façonniers, ayant réussi, grâce à un travail de grande qualité, à se construire une belle notoriété auprès d'une clientèle réduite mais fidèle. En province, de nombreux maroquiniers élargissent leur domaine d'activité. Ils développent un point de vente, étendent leurs compétences vers des spécialités comme, par exemple, l'harnachement. Nombreux sont ceux qui deviennent aussi prestataires de service en particulier pour la réparation des produits. N'oublions pas non plus les métiers connexes de la maroquinerie comme la gainerie (fabrication de coffrets et autres petits matériels de bureau) ou la sellerie (harnacheur ou garnisseur).

Sur pole-emploi.fr, il y a 4 appellations correspondant au mot-clé maroquinier :

  • Maroquinier / Maroquinière
  • Sellier-maroquinier / Sellière-maroquinière
  • Maroquinier industriel / Maroquinière industrielle
  • Maroquinier metteur / Maroquinière metteuse au point

Vous pouvez sélectionner celui qui vous correspond le mieux ou consulter les offres des 4 appellations.

Activités

En naturel ou synthétique, les sacs, gants, ceintures, porte-monnaie, bracelets-montres... sont confectionnés par le maroquinier.

Le cuir est un matériau naturel, presque vivant, qu'il convient de connaître sur le bout des doigts avant de le travailler. La beauté du produit final dépendra de la qualité de la peau utilisée. Qualité que seul l'œil exercé du professionnel est à même d'apprécier. Par ailleurs, c'est une matière première qui coûte cher. Le maroquinier n'a donc pas le droit à l'erreur : il doit optimiser la coupe afin de réduire au maximum les chutes (jusqu'à 40 % sur une peau).

La réalisation d'un article commence toujours par le dessin du modèle et par la conception du prototype. Ensuite seulement, le professionnel passe à la fabrication proprement dite.

Première étape : la coupe, qui permet d'éliminer d'éventuels défauts. Il faut apprécier les teintes, assortir au mieux les nuances, positionner les pièces tout en respectant le sens des fibres et l'uniformité du grain. Avant de passer à l'assemblage, le cuir va subir différents traitements consistant à refendre (pour obtenir l'épaisseur idéale), parer (pour amincir le cuir sur les bords), remborder (replier la peau), gratter, plaquer (sous une presse chaude pour la brillance), glacer, fileter, perforer... Pour l'assemblage des pièces, là encore, les procédés sont multiples : couture à la main ou à la machine, rivetage, soudage, piquage et montage des fermetures à glissière, des doublures, des bandoulières, etc. Étape finale : la pose des accessoires (boucles, pressions, fermoirs) et les finitions. Autant dire qu'il faut une certaine expérience pour acquérir tel ou tel tour de main et devenir un professionnel accompli.

S'il pratique le cousu main au moyen de l'alêne traditionnelle, le maroquinier utilise aussi de nombreuses machines, certaines étant automatisées (presse hydraulique, emporte-pièces, ciseaux électriques pour la coupe, machines à refendre, à parer...).

Le maroquinier est l'héritier direct d'une profession ancestrale : celle de sellier-bourrelier-harnacheur, dont le savoir-faire se perpétue encore de nos jours. Le sellier-harnacheur réalise des selles et des harnais de cuir pour conduire un cheval ou un attelage. Le sellier-gainier habille de cuir des objets aussi divers que les coffres et les malles capitonnées, les étuis à fusil ou à jumelles, etc. Quant au sellier-garnisseur, il est chargé de l'habillage des habitacles et des sièges des automobiles haut de gamme. Enfin, le gantier est, comme son nom l'indique, un expert dans l'art de fabriquer des gants de peau (gants de ville, pour le sport...).

Conditions de travail

Suivant l'organisation de l’atelier, la taille de l'entreprise (artisanale ou industrielle) et sa vocation (articles de luxe ou produits en série), le maroquinier peut assurer la fabrication de A à Z ou certaines opérations seulement.

Du choix du matériau (matière, couleur) aux finitions en passant par la découpe et l'assemblage, l'artisan maroquinier maîtrise l'ensemble du processus. Il peut créer ses propres modèles (il se fait alors styliste) ou réaliser des commandes pour le compte de clients. Mais s'il exerce dans le secteur industriel, il est amené à se spécialiser dans une fonction bien précise : modéliste, coupeur, piqueur ou monteur en maroquinerie. Dans un atelier de série, le travail sera en général réparti par petits groupes. Certains ateliers se spécialisent en petite maroquinerie (porte-clés par exemple).

Le maroquinier peut aussi encadrer tout le personnel d'un atelier ; il sera alors chargé de la conduite de la fabrication et de la gestion.

Qualités requises

Premier impératif : l'habileté manuelle. Même si celle-ci s'acquiert avec la pratique, mieux vaut avoir un don au départ, ainsi qu'un goût prononcé pour le travail manuel. Un sens du toucher plus développé que la moyenne peut aussi être un atout, car seul le contact de peau à peau permet d'apprécier la qualité d'un cuir. Bref, c'est un métier qu'il faut sentir, surtout si on se destine à l'artisanat, voire à l'artisanat d'art.

Patience, rigueur et précision sont autant de qualités essentielles pour devenir maroquinier. Une bonne acuité visuelle est en outre nécessaire pour effectuer certaines tâches particulièrement minutieuses. Le sens artistique est sans aucun doute un plus. Mais le maroquinier et le sellier sont avant tout des techniciens, qui doivent connaître parfaitement les procédés de fabrication ainsi que l'outillage.

Carrière

Dans le secteur de la maroquinerie, les petites structures côtoient les géants de l'industrie. Le marché est toutefois dominé par sept poids lourds (parmi lesquels Delsey, Hermès ou Longchamp), qui réalisent à eux seuls 70 % du chiffre d'affaires global du secteur. Ces grandes maisons sont d'ailleurs les principaux recruteurs.

Ce sont les personnes les plus qualifiées (à partir du bac) qui trouveront le plus facilement un emploi à l'issue de leur formation. Les employeurs, y compris les plus importants, sont à la recherche de techniciens expérimentés, détenteurs d'un réel savoir-faire traditionnel. Choisir une spécialité très pointue (ganterie de peau, artisanat d'art en sellerie, reliure ou maroquinerie de luxe) peut se révéler payant et permettre une bonne insertion professionnelle.

Salaire

En l'absence de grille de salaires, il est difficile d'établir la rémunération de base du débutant. Celle-ci dépend de l'entreprise. Dans l'industrie, un ouvrier maroquinier commence au Smic, parfois un peu plus suivant son savoir-faire et ses responsabilités.

Formations

Différents diplômes permettent d'accéder aux métiers de la maroquinerie et de la sellerie, du CAP au BTS. Dans tous les cas, ces formations sont dispensées soit en CFA, soit en lycée professionnel.

  • CAP maroquinerie
  • CAP sellerie générale
  • CAP sellier-harnacheur
  • CAP chaussure et podo-orthésiste (ils peuvent aussi donner accès à ce métier)
  • BEP métiers de la mode et industries connexes, option maroquinerie
  • Bac pro métiers de la mode et industries connexes - productique (textiles, cuir, habillement), en deux ans après le BEP
  • Bac pro artisanat et métiers d'art option vêtements et accessoires de mode, en deux ans après le BEP
  • Bac technologique STI génie mécanique option matériaux souples, en trois ans après la troisième
  • BTS industries des matériaux souples option productique ou option modélisme industriel, en deux ans après un bac général, technologique ou professionnel.


En matière d'artisanat d'art, la voie d'excellence reste le compagnonnage. Après un CAP ou un BEP, poursuivre sa formation chez les Compagnons du Devoir est probablement l'un des meilleurs moyens de se perfectionner. Le principe ? Un tour de France de plusieurs années pendant lequel le stagiaire, puis l'aspirant, poursuit son apprentissage auprès de professionnels confirmés et soucieux de transmettre leur savoir-faire aux nouvelles générations.


Source : Onisep