Les jeudis de l’agriculture : un accueil sans rendez-vous pour répondre aux besoins de recrutement

L’agriculture drômoise, axée notamment autour de la vigne, de l’arboriculture et du maraîchage, rencontre des difficultés récurrentes pour recruter des travailleurs saisonniers. Pôle emploi a mis en œuvre les « jeudis de l’agriculture » pour ouvrir le recrutement à d’autres profils que ceux identifiés comme travailleurs agricoles.

« Nous tenons une permanence par semaine pendant laquelle nous accueillons et informons des personnes qui ne sont pas forcément expérimentées dans ce secteur, afin d’effectuer des mises en relation directes avec les employeurs »,
Stéphanie Combe-Tardy, conseillère placement Pôle emploi à Romans-sur-Isère.

SUJET 1_ARA stéphanie COMBE-TARDY3.png

Ouvrir les postes de saisonniers agricoles à d’autres profils

« Auparavant, nous tenions des ateliers agricoles où s’inscrivaient des demandeurs d’emploi référencés sur ce type d’emploi. Mais depuis deux ans, les étudiants, notamment, ne s’inscrivent plus sur ces postes. » L’idée germe alors d’organiser un accueil sans rendez-vous pour ouvrir ces postes à des profils différents. C’est un secteur lié aux conditions climatiques. Un gel sévère, comme l’an dernier par exemple affaiblit le besoin de main-d’œuvre. « Pôle emploi est cette variable d’ajustement avec une demande en recrutement irrégulière selon les années. Nous effectuons un véritable travail de dentelle. Nous devons formuler les informations sur les postes et accompagner les candidatures. Il s’agit de faire comprendre aussi aux recruteurs toute la difficulté de trouver des candidats. » Travail d’autant plus conséquent, qu’il doit s’adapter aux productions et aux types de postes à pourvoir : cueillette ou ramassage, calibrage des fruits et légumes puis conditionnement. Un accueil spontané, facteur d’un meilleur accompagnement Cette année, en revanche, la récolte de fruits et légumes ainsi que les vendanges sont prometteuses. « Il faut susciter de nouvelles vocations, trouver de nouvelles candidatures dans un secteur qui pâtit encore d’une certaine dévalorisation. C’est d’autant plus dommage que c’est un secteur porteur dans notre région. Un travailleur saisonnier peut en effet, sur les différentes cultures, travailler presque toute l’année : de la cueillette des cerises, abricots et pêches qui débute au mois d’avril, il peut poursuivre avec les vendanges, puis des tailles d’arbres fruitiers ou de la vigne. » Travailler davantage sur le flux, c’est multiplier les possibilités de rencontrer des candidats. « Certains, dûment informés viennent nous voir pour obtenir des informations. Mais nous souhaitons nous adresser aux autres profils, ceux qui n’auraient pas pensé à postuler pour un emploi saisonnier. Il s’agit de capter des demandeurs d’emploi qui, par exemple, viennent en agence pour leur entretien de situation. Le conseiller peut les orienter vers notre permanence. » En 2021, les jeudis de l’agriculture ont généré 150 postes. De quoi reconduire l’expérience durablement.