POEI : un CDI à la clef

Secteur en tension, le transport routier passe régulièrement par la POEI pour former de nouveaux chauffeurs. Chez Servanin, grâce à un parcours bien sécurisé, l’entreprise peut régulièrement subvenir à ses besoins en main-d’œuvre.

« Nous avons 61 conducteurs et 15 sédentaires. On galère, c’est un peu tendu. » Pour Thomas Wacquet, responsable de formation chez Servanin, près de Lyon, pas facile de trouver de nouveaux chauffeurs. « Avant, on avait le service militaire qui apprenait à conduire un poids lourd, c’était la plus grande auto-école de France. Aujourd’hui cette génération part à la retraite, on est dans le creux de la vague. » Secteur très concurrentiel, le transport de marchandises est aujourd’hui en tension et peine à recruter. La solution pour trouver de nouveaux chauffeurs est de les former via une Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI). Cette formation s’adresse à tous demandeurs d’emploi ayant reçu une proposition de contrat de 12 mois minimum requérant une formation en interne ou en externe. « Nous travaillons avec l’organisme de formation Marietton depuis 4 ans, explique Essia Idir, conseillère entreprises au pôle emploi d’Oullins.»

Un dispositif gagnant-gagnant

Pour Servanin, ce sont une dizaine de POEI qui ont lieu chaque année. « Derrière, il y a toujours un CDI à la clé. » Avec le temps, le dispositif a été parfaitement rôdé. « Servanin vient régulièrement à nos informations collectives, continue Essia Idir. Nous connaissons leurs besoins. » Ces réunions leur permettent de présenter l’entreprise aux candidats qui, s’ils sont intéressés, peuvent postuler. « Marietton se charge d’un premier filtrage, précise Thomas Wacquet. Les candidats passent ensuite un entretien d’embauche chez nous. » Avant de commencer la formation à proprement parler, les stagiaires passent par une période d’immersion de 3 jours chez Servanin. Une manière pour l’entreprise et le demandeur d’emploi d’apprendre à se connaître. La formation chez Marietton permet aux candidats d’obtenir leur titre professionnel de conducteur poids lourd. Ils débutent ensuite chez Servanin. « Ils sont d’abord en compagnonnage avec un conducteur pendant trois semaines pour apprendre les spécificités du métier. » La société transporte en effet beaucoup de matières dangereuses.
« L’encadrement est important, on essaye de les préparer au maximum. » Par la suite, ils pourront évoluer s’ils le souhaitent vers le permis super lourd et le transport cryogénique, l’une des spécialités de Servanin. Ce processus bien sécurisé offre l’assurance à l’entreprise d’une main-d’œuvre fiable et aux candidats un plan de carrière. « C’est un dispositif gagnant-gagnant », indique Essia Idir.

Une ouverture vers les femmes

Fort de cette belle collaboration, Pôle emploi a récemment proposé une session féminine. Baptisée Athéna, celle-ci a permis à 14 demandeuses d’emploi d’entrer en formation. Trois d‘entre elles ont rejoint les rangs de Servanin. Comme avec les autres POEI, l’entreprise a tout de suite adhéré à cette session particulière. Pôle emploi et Servanin savent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre, un impératif nécessaire pour assurer la réussite de chaque dispositif.