Compétences : une nouvelle approche qui tombe à PIC*

La semaine de l'emploi permet des rencontres improbables entre des recruteurs et des candidats au profil parfois éloigné du poste recherché. Une personnalité atypique avec une forte motivation et un bon contact, peut ainsi tenter sa chance via un parcours de formation suivi d'une embauche. Lors de l'édition 2018, pas moins de 8 000 personnes ont ainsi été recrutées, alors qu'elles ne l'auraient sans doute jamais été au regard de leurs CV. 

« Nous sommes très ouverts à l'approche par compétence. Pour preuve, nous avons recruté l'an dernier au forum de Lyon, un plaquiste et un comptable. Quand on a une armée de personnes formatées, c'est beaucoup trop linéaire. Alors que si l'on donne sa chance à quelqu'un de motivé, cela se traduit toujours par une vraie reconnaissance » affirme Aurélie marc, RH chez Ambition Télécom et réseaux. 
Le constat est sans équivoque. Les mutations économiques et l'essor de la technologie, creusent chaque jour davantage le fossé entre les compétences recherchées et celles proposées.

Le rôle de Pôle emploi est de fluidifier cette situation en s'appuyant sur l'approche par compétence ; une petite révolution aussi bien pour les entreprises que pour les demandeurs d'emploi. 

Mode d'emploi

Pour rappel, la compétence est la capacité à agir efficacement dans un contexte donné. Elle repose sur les savoirs, c'est-à-dire les connaissances acquises à l'école ou au travail, puis sur les savoir-faire qui sont les connaissances pratiques et enfin, sur le savoir-être**. Jamais figée, la compétence évolue au fil des formations, des expériences et des parcours professionnels.

Pour les agents Pôle emploi dédiés aux entreprises, tout démarre par une rencontre avec l'employeur afin de comprendre les postes recherchés et obtenir une définition claire des savoirs et savoir-être associés. Le conseiller donne ensuite une météo locale de l'emploi avec des informations sur les profils potentiels. S'ils ne correspondent pas à 100% aux attentes, il s'agit alors d'expliquer comment la compétence d'un candidat est potentiellement transférable aux exigences du recruteur. 

Élargir la cible de recherche

Désormais, lors de l’enregistrement d’une offre sur le job board pole-emploi.fr, chaque recruteur complète les données métier par des indications de compétences. De leurs côtés, les demandeurs d'emploi font la même chose, en mettant les leurs en évidence sur leurs CV en ligne. Ils peuvent se faire aider par des conseillers pour mieux les identifier et les valoriser. Plusieurs ateliers et Moocs (emploi store) dédiés à la compétence sont d'autre part proposés. 

Au forum multi sectoriel de Lyon, un atelier sur cette thématique a fait rencontré un vif succès auprès des demandeurs d'emploi. « Cette approche élargit considérablement la cible de recherche. Quand les entreprises se connectent sur les profils, elles sont particulièrement attentives au volet compétences. C'est pourquoi, à l'issue de cet atelier, les candidats pourront aller à la cyberbase et modifier leur CV en ligne, afin d'optimiser leurs chances » explique Annie Courbière, conseillère et animatrice de l'atelier.

Du concret !

Quand il s'agit d'ouvrir des pistes vers les métiers porteurs, les conseillers Pôle emploi commencent toujours par informer les demandeurs d'emploi des opportunités locales, puis les aident ensuite à définir les étapes de leur projet professionnel jusqu'à sa réalisation. Pour les personnes qui choisissent une reconversion, il s'agit de repérer les compétences transférables ou manquantes, puis de rechercher les formations adéquates en s'appuyant sur un puissant réseau de partenaires. Illustration en Haute-Savoie, avec une formation innovante lancée dans l'hôtellerie-restauration, un secteur qui peine particulièrement à recruter. Organisée sur 8 semaines au CFA de Groisy, cette formation essentiellement basée sur la pratique, est ouverte à toute personne ayant un niveau inférieur au baccalauréat et souhaitant se former aux métiers de commis de cuisine, cuisinier ou employé de restauration. Entièrement financée par Pôle emploi dans le cadre PIC*, cette initiative a l'énorme avantage de proposer aux stagiaires après deux semaines de formation, un jobdating avec des employeurs d'Auvergne-Rhône-Alpes (adhérents GNI-FAGHIT) pour obtenir un contrat de travail. À terme, le retour en formation est toujours possible, si l'objectif est de se qualifier (CQP ou CAP) ou bien d'envisager une réorientation.

*Le Plan d’investissement dans les compétences (PIC)
En raison de la mutation des métiers (essor du numérique et conversion écologique), de la vulnérabilité des personnes peu qualifiées et de l'accès inégal à la formation, l'État a lancé le Plan d’Investissement dans les Compétences (2019-2022). À l'échelle nationale, l'ambition du PIC est de former 1 million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et 1 million de jeunes éloignés du marché du travail. En Auvergne Rhône-Alpes, Pôle emploi est aux commandes de ce dispositif, avec un budget de 650 millions d'euros alloués à la formation jusqu'à 2022. La priorité est de proposer de nouveaux parcours qualifiants en adéquation avec les besoins des employeurs. L'an dernier, dans la région, plus de 60 000 personnes ont été formées avec un taux d'accès à l'emploi de 63%. 

**Les savoir-être
Pôle emploi en a sélectionné 14 qui correspondent aux attentes des entreprises : capacité d’adaptation, gestion du stress, travail en équipe, capacité à fédérer, sens de la communication, autonomie, capacité de décision, sens de l’organisation, rigueur, force de proposition, curiosité, persévérance, prise de recul, réactivité.

Le Mooc « Focus compétences »

Présent sur l'emploi store, ce Mooc se décline en 4 séquences : 

  • Définir la notion de Compétences
  • Acquérir une méthodologie pour identifier ses compétences
  • Valoriser ses compétences auprès d’un recruteur
  • Augmenter sa visibilité et sa crédibilité sur les réseaux sociaux