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Luxe, textile, mode

Premier pas dans le textile, interview d'une étudiante

Contrairement aux idées reçues, la mode est accessible à tous ! Passion, confiance en soi et travail sont les maîtres-mots pour exercer et réussir dans ce secteur. Mais jetons plutôt un œil sur le témoignage de Charlotte Rodière. Forte d’un parcours riche et varié, elle nous éclaire sur sa formation.

Comment as-tu choisi ces formations ?

Charlotte Rodière : « J’ai toujours été attirée par l’art, l’option arts plastiques était une manière de me faire plaisir au sein des cours du lycée, mais sans réelle ambition. Ensuite, en terminale, je suis allée voir une conseillère d’orientation qui m’a très bien aiguillée. Elle m’a fait découvrir la branche des arts appliqués, que je ne connaissais pas à l’époque, et m’a présenté la MANAA. Les arts appliqués me semblaient plus ancrés dans le concret que les arts plastiques. Je m’imaginais mal aux Beaux-arts, ce n’est pas du tout mon profil. Les arts appliqués étaient plus professionnalisant en quelque sorte.
Je suis donc rentrée en MANAA, ce qui m’a permis d’expérimenter différents domaines (design produit, communication visuelle, design textile). J’y ai découvert le design textile et c’est le domaine où j’avais le plus d’affinité.
J’ai donc postulé pour des BTS et des DMA en design textile. Et, c’est un peu par hasard que j’ai été prise en DMA broderie, je ne m’attendais pas à ça du tout. Comme c’est une formation assez sélective où ils ne prennent que 5 personnes par an, on peut dire que j’ai eu énormément de chance d’y rentrer ! J’ai donc foncé sans trop savoir ce que j’allais y faire, et ça a été une très bonne surprise. Cela m’a vraiment convaincu que le textile, c’était ce que j’aimais.
Après le DMA, qui est très artisanal, j’ai voulu m’ouvrir à l’aspect plus industriel du design textile. J’ai donc intégré le département design textile de l’ENSCI. Tout ce qu’on fait doit être reproductible en industrie. C’est une manière d’élargir mes compétences, afin d’avoir la palette la plus large possible entre le côté très artisanal et le côté industriel, pour avoir vu les deux côtés du domaine et savoir de quoi je parle. »

Avais-tu une idée précise du métier que tu voulais exercer en commençant tes études d’arts appliqués ?

C. R. : « Pas du tout. Au début je n’avais pas spécialement d’idées, quand je suis rentrée en MANAA c’était pour découvrir et voir ce qui allait me plaire le plus. Au fur et à mesure que j’ai avancé dans mes études, ça c’est éclairci, mais même encore aujourd’hui, c’est un peu délicat. On pourrait croire que ce type de branches est un peu réducteur, mais en fait c’est très ouvert ! On peut occuper des postes très différents en ayant suivi la même formation. Moi par exemple, dans ce que je fais je peux aussi bien travailler dans le stylisme que dans des cabinets de tendance, dans le conseil au sein d’une marque pour les imprimés, que ce soit pour le tissage ou pour la maille. »

Selon toi, quelles sont les qualités indispensables pour entreprendre ces études ?

C.R. : « Il faut être très curieux, s’intéresser à tout ce qui se passe autour de nous, dans la mode mais pas seulement. Etre conscient de tout ce qui nous entoure et essayer de capter les courants (dans la publicité, etc.). Il faut être ouvert et absorber telle une éponge toutes ces tendances. Bien sûr être créatif, mais aussi ne pas avoir peur du travail, et avoir assez confiance en soi, ne pas douter, car c’est assez difficile. Ce n’est pas du travail comme on l’entend à la fac, il ne suffit pas d’étudier. C’est un travail très personnel et ce sont nos idées que l’on doit défendre. Du coup, il faut se donner, avoir confiance et croire en ses idées.

Le rythme scolaire est-il soutenu ?


C. R. : « Oui, c’est assez soutenu. Les travaux d’élaboration et de production prennent beaucoup de temps. D’ailleurs l’école où je suis est ouverte 24h/24, 7j/7. Après, il faut savoir se mettre des limites parce que sinon on ne s’arrête jamais. De plus, beaucoup d’investissement et de recherches sont demandés en dehors de l’école. Rester à la page demande une attention de tous les instants. Les rendus de projets peuvent souvent nous valoir de longues nuits blanches. »

As-tu effectué des stages durant ces diverses formations ?

C. R. : « Oui, en DMA j’ai pu faire deux stages courts. Le premier chez des petites créatrices à Paris, dans un univers assez familial, une petite structure, qui m’a permis de beaucoup apprendre et d’être au cœur du processus de création. Ensuite j’ai fait un stage à l’Opéra de Paris, plus différent, une grande structure, mais très intéressant aussi.
Grâce à ma formation actuelle, je vais partir à la rentrée à New York, en échange avec le FIT (Fashion Institute of Technology) pour 6 mois. Ensuite, à la fin de mon diplôme j’aurais encore le droit à un stage. »

Comment se sont-ils déroulés ?

C. R. : « Pendant les stages, le rythme est moins effréné parce qu’on n’a pas de devoirs ou de projets à rendre. Cela demande d’être très consciencieux, mais en dehors des heures de travail on est libre.
Les stages que j’ai faits m’ont permis de voir comment ça se passe, notamment en fonction des structures. J’ai pu me confronter aux aléas du métier et aux difficultés à être artiste indépendant. Cela m’a ouvert les yeux sur la réalité du monde du travail, mais c’est vraiment à l’école que j’ai le plus appris en termes de techniques et de savoir-faire.
Cependant, j’attends beaucoup du stage de 6 mois que je vais faire à la rentrée. Ce sera différent, car plus long, comparé aux toutes petites périodes de stage d’un mois proposées dans les DMA. »

Comment trouver un emploi dans ce milieu ?

C. R. : « Je pense qu’il y a toujours pas mal de réseau, connaître des gens ça aide, c’est sûr. Certaines personnes préfèrent travailler en freelance pour différentes boîtes et arrivent à très bien marcher comme ça, d’autres sont des travailleurs indépendants qui ont leur propre marque d’accessoires ou autre. Ensuite, se faire embaucher dans une entreprise, être salarié, c’est un peu différent. Le premier pied est souvent mis durant un stage. Le stage peut être vraiment un tremplin. Pour se faire connaître, et pourquoi pas se faire engager, c’est un bon plan ! Il permet de se faire des contacts qu’on essaie de ne pas perdre. Ils s’avèreront très utiles lors d’une recherche d’emploi.
Le choix du stage, notamment celui de fin d’étude, est vraiment important. Il permet souvent de transformer l’essai, soit en trouvant un travail dans la boîte, soit grâce à leurs contacts dans une autre. Beaucoup d’étudiants ont des demandes d’embauche suite à leurs stages. S’il s’agit d’un stage entre 2 années d’études, ils n’acceptent pas forcément car, souvent, ils souhaitent d’abord finir leur cursus. »

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans ce type d’études ?

C. R. : « Surtout de bien se renseigner sur les formations. Dans le domaine des arts appliqués et de la mode il y a beaucoup, beaucoup d’écoles et toutes les formations ne se valent pas. Donc vraiment, bien se renseigner, notamment sur les écoles publiques. C’est possible d’y entrer ! Les gens qui ne sont pas renseignés préfèrent partir dans des écoles privées où les formalités pour rentrer sont parfois plus simples et les dates pour s’inscrire plus tardives ; donc plus facile d’accès si on n’a pas prévu le coup.
Deuxième conseil : en profiter à fond parce que c’est une super expérience. Les écoles nous permettent plein d’ouvertures, plein de projets, des partenariats, des expos. Donc, essayer de profiter de tout au maximum parce que ce sont de vraies expériences. »

Pour quelles raisons as-tu décidé de partir aux États-Unis pour un semestre ?

C. R. : « C’est vraiment une volonté de l’école de faire partir le maximum d’étudiants à l’étranger et de créer des partenariats avec d’autres écoles. Sur le CV, montrer qu’on a une mobilité internationale, c’est toujours un plus. C’est une preuve d’investissement. Par ailleurs, pour tous les stages et pour tous les emplois l’anglais est demandé. On se rend compte qu’on y est vraiment souvent confronté dans ce domaine. Le secteur de la mode et du textile est international. »

Existe-t-il des bourses pour ce type d’échange ?

C. R. : « Oui, il y a plusieurs bourses. Pour l’échange que je vais faire avec New York, c’est une bourse de la fondation Carla Bruni-Sarkozy ouverte il y a juste un an. Il y a aussi une bourse de la région pour la mobilité internationale. En fonction des écoles on peut avoir des bourses supplémentaires. En général les gens qui veulent partir sont aidés ! »

Comment vois-tu l’avenir ?

C. R. : « Cela va dépendre du stage que je vais avoir trouvé à la fin de mes études. J’aimerais bien le choisir pour que ce soit une possibilité d’embauche. Si l’occasion se présente je la saisirais et je travaillerais. Si je ne trouve pas de suite je repartirais à l’étranger dans le but compléter mon cursus par une solide formation en anglais. »

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