Les secteurs de l'économie verte

Réchauffement de la planète, pollution de l’eau, de l’air, des sols, réduction des ressources naturelles, augmentation du volume des déchets… Ces sujets environnementaux touchent chaque acteur (consommateurs, entreprises privées et publiques, associations...) et de nombreux secteurs d’activité sont concernés.

Les mutations en cours concernent aussi bien des filières spécialisées dans l’environnement, que des filières traditionnelles, qui vont s’ouvrir à de nouveaux marchés.

Les secteurs de l’environnement

La gestion des déchets et le traitement des eaux

La gestion des déchets et le traitement des eaux constituent une part importante du secteur de l’environnement.

Différents moyens sont mis en œuvre pour éliminer ou valoriser les déchets : collecte des déchets de tout type (cartons, verres, encombrants, produits toxiques, …), tri sélectif, orientation vers une filière de recyclage ou de valorisation, orientation vers un incinérateur ou une décharge …

En plus des activités les plus classiques de la filière – traitement des eaux usées, collecte et élimination des déchets par stockage (décharges) ou incinération – de nouvelles activités se développent : recherche des fuites, lutte contre le gaspillage, qualité de l’assainissement, mesure des flux, éducation des consommateurs…

Les énergies renouvelables

Avec le changement climatique et l’augmentation de la consommation mondiale d’énergie, la lutte contre l’effet de serre et les rejets de CO2 est devenue une priorité. L’une des réponses majeures à cette situation est le développement des énergies renouvelables. Aujourd’hui, le marché est en pleine expansion - en particulier le photovoltaïque (solaire) et pompes à chaleur.

Les énergies renouvelables offriront beaucoup d’emplois dans des métiers traditionnels avec de nouvelles compétences. Les compétences manquent dans certains domaines, notamment dans les grosses chaufferies bois et le biogaz pour ce qui concerne l’ingénierie.

La protection du patrimoine naturel

La biodiversité, c’est la « variété du monde vivant ». Aujourd’hui, c’est un motif de préoccupation mondiale : la plupart des observateurs admettent la disparition accélérée de nombreuses espèces, et considèrent essentiel que cette diversité soit préservée. Une grande partie des activités humaines semblent compatibles avec le maintien d’une biodiversité importante à condition que certaines règles de gestion et d’aménagement soient respectées. Certaines demandent de profonds changements, sociaux, politiques et économiques.

Aujourd’hui, près de 20 000 personnes travaillent dans le domaine de la protection de la biodiversité. 85% de ces emplois se situent dans le secteur public.

2. Les secteurs qui s’ouvrent à de nouveaux marchés

Le bâtiment

Responsable de plus de 42,5% de la consommation d’énergie française et de près de 28% des émissions de gaz à effet de serre, le bâtiment est le plus gros consommateur d’énergie parmi l’ensemble des secteurs économiques. Aujourd’hui la filière évolue pour que les bâtiments consomment moins d’énergie... Il est question de :

  • généraliser les bâtiments basse consommation à l’horizon 2012 et les bâtiments à énergie positive à l’horizon 2020,
  • rénover 400 000 logements privés par an à compter de 2013, et 800 000 logements sociaux parmi les plus « énergivores » d’ici 2020,
  • rénover tous les bâtiments de l’Etat et de ses établissements publics à partir de 2012.


Cette transformation de la filière va induire une mutation profonde de nombreux métiers :

  • l’ensemble des acteurs de la filière, de la maîtrise d’ouvrage à l’exploitation des bâtiments devront être formés à l’approche globale de la performance énergétique
  • certains corps de métiers vont devoir intégrer de nouvelles techniques, liées à la qualité énergétique du bâtiment, à la qualité de l’air intérieur, au génie climatique, à l’intégration des énergies renouvelables, à la qualité de l’air extérieur…
  • la construction et la vie des bâtiments durables intègrent également le recyclage des déchets des chantiers et la gestion des risques naturels.

Des formations spécifiques ont été créées afin de répondre à ces nouveaux besoins.
Elles s’adressent aux professionnels disposant déjà d’une formation de base. Elles permettent de compléter des connaissances existantes : informations sur les matériaux, leurs utilisations, les techniques à mettre en œuvre...

Le transport

Les transports émettent beaucoup de gaz à effet de serre : 25% des émissions totales françaises en 2008. Le grenelle de l’environnement a fixé un objectif ambitieux : réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre issues des transports d’ici 2020, afin de les ramener à cette date au niveau qu’elles avaient en 1990.

Pour cela, des modes de transports plus propres vont être favorisés :

  • de grandes infrastructures vont être construites, pour développer notamment le transport ferroviaire (lignes à grandes vitesses) et fluvial (canal Seine Nord),
  • les transports collectifs urbains en site propre (TCSP) (tramway, métro…) seront renforcés. Des emplois seront crées dans la gestion des réseaux.

Par ailleurs, la filière logistique a un rôle majeur à jouer vis-à-vis des objectifs de réduction de gaz à effet de serre : transporter davantage de marchandises, en utilisant des modes de transport variés (le transport « combiné ») et réduire la pollution des zones logistiques et des modes de transport.

Des métiers existants de la logistique vont ainsi intégrer de nouvelles compétences pour prendre en compte ces évolutions.

L’agriculturet.

D’une part, l’agriculture biologique sera amenée à se développer. Le marché des produits issus de l’agriculture biologique est en constant augmentation : en 10 ans le nombre d’agriculteurs bio a triplé et les surfaces certifiés ont quintuplé. De nombreux emplois seront crées pour répondre à cette demande.

D’autre part, les agriculteurs conventionnels sont amenés à modifier leur modes de production pour prendre en compte la protection de l’environnement : les produits phytosanitaires et les pesticides sera de plus en plus modérée, les déchets issus de l’agriculture seront valorisés, et les exploitations agricoles devront limiter leur consommation d’énergie.

La filière bois

La notion de filière bois désigne la chaîne des acteurs qui cultivent, coupent, transportent, transforment et recyclent le bois, de la source (forêt, bocage, arbre épars..) à l'usager final ou à la fin de vie de l'objet.

Tant qu’il n’est pas surexploité, le bois est un matériau durable. Il consomme peu d'énergie fossile pour sa production, comparativement par exemple au ciment, à la terre cuite ou à l'acier qui demandent une extraction minière, beaucoup d'énergies fossiles et génèrent une pollution significative. Pour cette raison, il est beaucoup utilisé dans l’éco-construction.

Le bois peut également être utilisé comme source d’énergie, on parle alors de bois énergie, ou d’énergie renouvelable issue de la biomasse. Le bois énergie est aujourd’hui utilisé dans cinq domaines : le chauffage domestique, les granulés, le chauffage au bois dans l’industrie, le chauffage collectif, et la cogénération.
Le spectre des métiers est large : exploitation de la forêt, transport, logistique, manutention, mécanique, maintenance...

Le tourisme

Une demande de tourisme « vert » émerge : les touristes recherchent des expériences plus centrées sur la découverte de la nature (écosystèmes, tourisme rural), dans des conditions plus respectueuses de l’environnement (hôtels à haute qualité environnementale, restauration issue de produits de l’agriculture biologique…). Les évolutions « vertes » du tourisme sont particulièrement intéressantes du point de vue pédagogique pour le touriste, qui rencontrera sur les sites et dans les hébergements visités de nouveaux modes de vivre et de consommer.

De façon générale, les métiers du tourisme ne vont pas évoluer de manière très importante à court terme. Le cœur de métier restera le même mais de nouvelles compétences seront amenés à se développer, en particulier dans les métiers de l’animation et du sport.

Les biocarburants et la chimie verte

Les secteurs des carburants et de la chimie sont en forte mutation : une part importante des progrès attendus des secteurs des transports et du bâtiment ne seront possibles que si les secteurs des carburants et de la chimie parviennent à s’ajuster aux nouvelles exigences.

Les biocarburants sont des carburants issus de produits végétaux. Il peuvent être issus de produits agricoles pouvant être utilisés dans l’alimentaire (les biocarburants dits de première génération), ou de produits agricoles sans concurrence d’usage avec l’utilisation alimentaire (on parle alors de biocarburants de seconde génération).

La prise en compte du développement durable affectera un certain nombre de compétences et la condition d’exercice des métiers. Ici encore, le cœur du métier restera le même, mais des briques spécifiques de compétence liées aux notions de chimie verte (principes, analyse de cycle de vie, éco-conception, toxicologie et éco-toxicologie, responsabilité, procédés propres, matières premières naturelles, éthique) seront intégrées.

Les réseaux électriques intelligents

Pour être acheminée depuis les centres de production vers les consommateurs, l’électricité emprunte des chemins successifs : le réseau de transport, puis le réseau de distribution. Il est difficile aujourd’hui de stocker l’électricité : il faut en permanence maintenir un équilibre entre la demande et l’offre. L’intégration des énergies renouvelables et l’évolution de la demande rend difficile cet équilibre.

A terme, la France doit être à même de préparer le passage à un réseau électrique intelligent (« smart grids ») compatible avec l’évolution des contraintes liées à l’environnement (énergies renouvelables, véhicule électrique..).

Ces nouveaux réseaux électriques ne vont pas créer de nouveaux métiers. Par contre, les métiers existants vont évoluer vers davantage de technologies de l’information.